Bien-être au travail : peut-on encore bien travailler "sans s'épuiser" ? - CBR Conseil et Formation
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Bien-être au travail : peut-on encore bien travailler « sans s’épuiser » ?

Pendant longtemps, dans la fonction publique territoriale, “bien travailler” signifiait souvent être présent, réactif, engagé… et capable d’absorber toujours plus.

Répondre aux urgences. Gérer les imprévus. Tenir malgré les contraintes budgétaires, les tensions RH, les réorganisations ou les demandes contradictoires.

Vous êtes encore nombreux aujourd’hui à porter cette culture du “tenir coûte que coûte”. Avec un sentiment diffus : celui de ne jamais avoir vraiment fini. Je le constate chaque jour dans mes coachings ☹

 

La culture du “toujours disponible”

 

Les mails tardifs, les appels entre deux réunions, les dossiers traités le soir, les journées saturées sans temps de récupération… Ces pratiques sont devenues banales.

Non par excès d’ambition individuelle, mais souvent par sens du service public.

Le problème, c’est que cette disponibilité permanente finit par devenir la norme implicite.
Et lorsqu’elle devient invisible, elle n’est plus questionnée.

Or, être constamment joignable ne signifie pas forcément être plus efficace. Cela peut même produire l’inverse :

  • une fatigue cognitive accrue,
  • une perte de recul,
  • des décisions prises dans l’urgence,
  • une difficulté à prioriser,
  • et parfois un désengagement progressif.

Ce que j’observe souvent : chez les cadres, cette surcharge est  silencieuse. Parce qu’il faut continuer à soutenir les équipes, rassurer, arbitrer, absorber les tensions.

 

Une charge mentale devenue structurelle

 

Au-delà du volume de travail, beaucoup décrivent surtout une saturation mentale.

Ils s’obligent à penser à tout, anticiper les risques, gérer les urgences administratives, répondre aux injonctions multiples, toujours cette peur d’oublier quelque chose.

La difficulté n’est pas seulement opérationnelle. Elle est cognitive et émotionnelle.

Dans les collectivités, les cadres occupent fréquemment une position “d’interface permanente” :

  • entre les élus et les équipes,
  • entre les contraintes réglementaires et la réalité du terrain,
  • entre les attentes des usagers et les moyens disponibles.

Cette position crée une tension continue, souvent renforcée par la fragmentation des journées et la multiplication des sollicitations.

À force, certains ont le sentiment de passer leurs journées à gérer des flux… sans plus parvenir à exercer pleinement leur métier.

Peut-on encore bien travailler autrement ?

La question mérite d’être posée collectivement.

Car “bien travailler” ne devrait pas signifier :

  • être épuisé,
  • sacrifier toute récupération,
  • ou fonctionner durablement sous tension.

Dans de nombreuses équipes, un changement culturel commence à émerger.

La question n’est pas travailler moins mais travailler avec davantage de clarté, de priorisation et de coopération.

Cela suppose parfois de :

  • redéfinir ce qui est réellement urgent,
  • accepter que tout ne puisse pas être traité immédiatement,
  • protéger des temps de concentration,
  • remettre du collectif dans la résolution des problèmes,
  • et reconnaître que la surcharge chronique n’est pas un mode de fonctionnement normal.

Redonner du sens au quotidien

L’un des risques majeurs de la surcharge permanente est la perte de sens. J’en suis malheureusement de plus en plus témoin et ça m’attriste.

Quand le travail devient une succession d’arbitrages, de validations et d’interruptions, il devient difficile de percevoir l’utilité réelle de son action.

Or, dans le service public territorial, le sens est un moteur essentiel de l’engagement.

Retrouver du sens ne passe pas nécessairement par de grands changements organisationnels. Cela peut commencer par :

  • redonner de la visibilité aux réussites concrètes,
  • recréer des espaces d’échange dans les équipes,
  • remettre en discussion les priorités,
  • ou simplement prendre le temps de reconnaître le travail accompli.

Les cadres territoriaux ont ici un rôle clé : celui de réguler, mais aussi de créer les conditions d’un travail soutenable.

Car une organisation ne devient pas plus performante quand l’épuisement devient ordinaire.

Elle devient simplement plus fragile.

Je serais ravie de recevoir vos remarques sur ce sujet si important.

Et vous, dans votre quotidien professionnel :

  • Qu’est-ce qui vous donne aujourd’hui le sentiment de “bien travailler” ? Hâte de lire vos remarques par ici Contactez-moi
Corinne Bombardieri-Roquier

Corinne Bombardieri-Roquier est formatrice, consultante RH et Management et accompagnatrice aux transitions de vie professionnelle. Professionnelle expérimentée en psycho-sociologie, elle accompagne les organisations publiques et privées depuis plus de 20 ans dans la professionnalisation de leur pratiques managériales et à la conduite du changement. Formée à différentes approches d'accompagnement de la personne et des groupes, elle met son expertise au service des femmes et des hommes pour les aider à révéler leurs potentiels et oser choisir la voie du sens.

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